Justicia restaurativa y mediación penal intrajudicial en Aragón: condiciones, resistencias e incertidumbres
María José Bernuz Beneitez et Andrés García Inda · 2019
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Résumé
Recherche sociojuridique menée en 2019 sur la médiation pénale intrajudiciaire dans la communauté autonome d'Aragon. L'autrice et l'auteur, de l'université de Saragosse, étudient les conditions qui permettent de la mettre en place et les résistances qui apparaissent chez les professionnels et professionnelles du droit, les institutions et la population, ainsi que les incertitudes auxquelles font face les personnes qui assurent la facilitation. Plus qu'une défense de la médiation, l'article offre un diagnostic des raisons pour lesquelles il est difficile de l'institutionnaliser. Il est utile à celles et ceux qui promeuvent des programmes au sein des tribunaux et doivent anticiper les obstacles professionnels et organisationnels.
Thèmes
Contenu
Sommaire et résumé par chapitre
De quoi il s'agit
Cet article présente les résultats d'une recherche sociojuridique menée en 2019 sur la médiation pénale intrajudiciaire dans la communauté autonome d'Aragon, en Espagne, en collaboration avec l'association ¿Hablamos? L'autrice et l'auteur se proposent de comprendre quelle idée de la médiation ont les professionnels et professionnelles du droit et les médiateurs et médiatrices, pourquoi les résistances à son intégration dans le système pénal persistent, et quels éléments permettent de considérer une médiation comme réussie. Pour cela, ils recourent à une méthodologie qualitative fondée sur deux groupes de discussion : l'un avec des juges, des procureurs et procureures et des greffiers et greffières (letrados y letradas de la Administración de Justicia), l'autre avec des médiateurs et médiatrices. L'analyse distingue des conditions techniques et juridiques, culturelles et politiques qui freinent le développement de la médiation. L'article s'adresse à celles et ceux qui conçoivent les politiques publiques, aux équipes judiciaires et aux personnes qui promeuvent des programmes de médiation au sein des tribunaux.
Table des matières commentée
- 1. Introducción (Introduction). Situe la justice restaurative et la médiation dans le cadre normatif international, européen et espagnol, et retrace le parcours de la médiation pénale intrajudiciaire en Aragon depuis 2006. Présente les données de 277 dossiers entre 2007 et 2019, les objectifs de la recherche et la conception des deux groupes de discussion.
- 2. ¿De qué hablamos cuando hablamos de mediación? (De quoi parlons-nous quand nous parlons de médiation ?). Distingue la médiation de la négociation et la relie à la justice restaurative comme outil à son service. Analyse le rapport entre processus et résultat, met en garde contre la fixation sur l'accord et discute le caractère complémentaire de la médiation par rapport à la fonction punitive de l'État.
- 3. La mediación penal como algo problemático: condiciones, resistencias e incertidumbres (La médiation pénale comme question problématique : conditions, résistances et incertitudes). Classe les difficultés en trois types : techniques et juridiques, culturelles et politiques. Examine les garanties procédurales, comme la présomption d'innocence et l'impartialité judiciaire, la crainte de la privatisation du conflit pénal, les infractions orientées, la culture sociale punitive et la dépendance à l'égard de la bonne volonté de certaines personnes.
- 4. Integrar la justicia restaurativa en el proceso penal (Intégrer la justice restaurative dans la procédure pénale). Aborde les tensions entre les temps de la médiation et ceux de la procédure, le moment procédural le plus approprié et les voies légales d'insertion, comme la conformité, la circonstance atténuante de réparation du dommage, le pardon et le sursis à l'exécution de la peine. Discute aussi les avantages et les risques de la protocolisation de l'orientation et de l'information aux parties.
- 5. Propuestas para mejorar la credibilidad de la mediación penal intrajudicial (Propositions pour améliorer la crédibilité de la médiation pénale intrajudiciaire). Avance la professionnalisation de la médiation et distingue cette question de l'opposition entre travail bénévole et travail rémunéré. Passe en revue ce qu'on entend par une médiation réussie selon différents modèles restauratifs et décrit les réticences entre le barreau et les personnes qui assurent la médiation.
- 6. Conclusiones (Conclusions). Oppose une approche centrée sur l'émotionnel et le dialogue, plus fréquente chez les médiateurs et médiatrices, à une approche procédurale, plus présente chez les professionnels et professionnelles du droit. Reprend le débat sur ce qu'il faut protocoliser, sur la manière de définir une bonne personne facilitatrice et sur le rapport entre justice rétributive et justice restaurative.
- Referencias (Références). Réunit la bibliographie citée sur la médiation, la justice restaurative et la procédure pénale.
- Referencias normativas (Références normatives). Énumère les normes européennes, espagnoles et aragonaises mentionnées dans le travail.
Idées centrales
- Les personnes qui participent à la médiation pénale intrajudiciaire la comprennent comme un outil au service de la justice restaurative, et non comme un mécanisme pour désengorger les tribunaux.
- La valeur de la médiation ne se réduit pas à l'accord : ouvrir le dialogue peut apaiser la relation entre les parties et changer le climat du procès même si aucun procès-verbal n'est signé.
- Les réserves des juges et des procureurs et procureures ne visent pas la médiation elle-même, mais la préservation de garanties telles que la présomption d'innocence, l'impartialité et la sécurité juridique.
- Selon les données disponibles, le type d'infraction ne semble pas déterminer le résultat ; d'autres variables pèsent davantage, comme la relation préalable entre les parties.
- Sans politique publique claire et soutenue, l'accès à la médiation dépend du tribunal auquel on a affaire et de la volonté des personnes qui y travaillent.
- Il convient de standardiser l'orientation des affaires et l'information aux parties, mais non le processus de médiation lui-même, qui nécessite de la souplesse.
- La professionnalisation exige une formation multidisciplinaire, des ressources suffisantes et une reconnaissance institutionnelle, indépendamment du fait que la tâche soit rémunérée ou bénévole.
- Mesurer le succès uniquement au nombre d'accords peut conduire à les forcer et à dénaturer le sens restauratif de la médiation.
À quoi cela sert dans la pratique
- Quels obstacles professionnels et institutionnels convient-il d'anticiper lorsqu'on promeut un programme de médiation au sein des tribunaux ?
- Quelles voies la législation pénale et procédurale espagnole offre-t-elle pour donner effet à un accord de médiation ?
- Comment évaluer un programme de médiation sans le réduire au nombre d'accords obtenus ?
- Quelle formation et quelle attitude sont attendues d'une personne médiatrice en matière pénale ?
- Comment rallier le barreau pour qu'il ne perçoive pas la médiation comme une menace pour son travail ?
Termes clés
justice restaurative, médiation pénale intrajudiciaire, professionnels et professionnelles du droit, groupes de discussion, présomption d'innocence, impartialité judiciaire, sécurité juridique, conformité, circonstance atténuante de réparation du dommage, protocolisation, orientation des affaires, professionnalisation, politiques publiques, Aragon
Utilisée sur le campus
Informations
- Auteurs et autrices
- Bernuz Beneitez, María José; García Inda, Andrés
- Année
- 2019
- Éditeur ou source
- Oñati Socio-Legal Series (Instituto Internacional de Sociología Jurídica de Oñati), vol. 9, n.º 6, pp. 951-982
- Type
- Article
- Langue
- Espagnol
- Juridiction
- España, Aragón
- Licence
- CC BY-NC-ND
- DOI
- 10.35295/osls.iisl/0000-0000-0000-1088